Le NON propose trois forums. Le premier est public, accessible à tous. Le second est réservé aux adhérents du NON et n’apparaît qu’à eux. Le troisième accueille les questions techniques sur le forum. Dans tous les cas, veuillez vous identifier ou vous inscrire pour participer aux discussions. Votre contribution au débat est vivement appréciée.
Recherche et formation en islamologie ou installation de l’islam au logis ?
  • Deux ministres du gouvernement français, madame Najat Vallaud-Belkacem et monsieur Thierry Mandon, ont annoncé le 19 février 2016 leur décision de soutenir la recherche et la formation sur une discipline et une thématique spécifiques : l’islamologie d’une part, et la thématique de la radicalisation d’autre part, car elles souffriraient aujourd’hui d’un déficit d’emplois et d’étudiants. 

    Les deux ministres ont donc annoncé la création d’emplois d’enseignants chercheurs qui vont permettre de renforcer des projets de formation et de recherche sur ces sujets dès la rentrée 2016. Un appel à manifestation d’intérêt avait été lancé en décembre 2015 en direction des établissements d’enseignement supérieur. Parmi les 27 dossiers reçus, une première sélection a permis de retenir six projets :
    • Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Création d'un poste de maître de conférences en sciences politiques autour du thème "Radicalité islamique : parcours militants, réseaux transnationaux et pratiques d’État".

    • Université de Strasbourg : Création d'une licence d’islamologie.

    • Sorbonne Université : Création d’un poste d'enseignant chercheur en didactique du fait religieux islamique et de la construction culturelle de l'arabité, en lien avec l'Ecole supérieur du professorat et de l’éducation (ESPE) de l'académie de Paris. Cette perspective sociologique sera utile aux futurs enseignants d'arabe ainsi que d'autres disciplines (histoire, géographie, économie, philosophie).

    • Aix-Marseille Université : Création d'un poste d'enseignant chercheur autour du thème "L’islam dans la cité en temps de mondialisation – textes, débats et pratiques du 19e siècle à nos jours" au sein du laboratoire de recherche IREMAM.

    • Ecole pratiques des hautes études : Création d’un poste de directeur d'études en islamologie et plus particulièrement sur l'exégèse et la théologie de l'islam sunnite. Ce directeur d’études interviendra également en formation, en lien avec l'Institut européen en sciences des religions au sein de l'EPHE.

    • Université de Lyon : Création d'un poste d’ingénieur de recherche en appui de la thématique "Histoire de la pensée islamique : textes et pratiques religieuses". Le poste viendra en appui des études comparatives.

    Une seconde sélection sera effectuée prochainement, à la lumière des conclusions du rapport de l’Alliance ATHENA sur la recherche en islamologie et sur la thématique de la radicalisation. Cette seconde sélection permettra de soutenir les projets de 4 établissements supplémentaires. Au total, ces nouveaux moyens représenteront 650 000 euros pour l’année universitaire 2016.

Catherine Mayeur-Jaouen, professeur d'histoire de l'islam moderne et contemporain à l’INALCO, assurera le suivi des actions menées grâce à ces créations d’emplois, en lien avec la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP) et la direction générale de la recherche et de l'innovation (DGRI).

 
    Ce soutien aux disciplines rares donnera lieu à un nouvel appel à manifestation d’intérêt en direction des établissements d’enseignement supérieur pour l'année 2017.

    Ne doutons pas des bonnes intentions de notre gouvernement. 
    Ne doutons pas non plus que l’enfer où il nous mène ne soit pavé de ces mêmes bonnes intentions.
    Ne doutons pas enfin qu'à ces "disciplines rares", nos deux ministres n'ajoutent bien vite le latin et le grec. De sources bien informées, nous avons appris que ce serait chose faite dès les prochaines calendes grecques...