NON au Changement de Peuple et de Civilisation

Extrait du journal de Renaud Camus, février 2014

Dimanche 23 février 2014, minuit et demi. […] L’avocat du Mrap, lui, se nomme Me Pierre Mairat, et je vois qu’il est même co-président de cette association. Sans doute est-elle obligée pour cette raison de faire appel à ses services (bénévoles, officiellement, moyennant quoi il m’a tout de même demandé un remboursement de frais de justice, en plus de l’amende de cinq mille euros qu’il souhaite me voir infliger…), car — mais je reconnais que je ne suis peut-être pas très objectif… — il m’a semblé, objectivement, très mauvais.

D’abord il exsude la haine de tout son être, elle le congestionne, elle l’exorbite, elle le tuméfie, ce qui n’est pas très opportun pour un qui fait métier de la dénoncer incessamment chez les autres. Ensuite il ne fait pas très bien son homework, comme le démontre pertinemment l’article de Jérôme Dupuis : s’il n’a parlé ni de la défection de Finkielkraut ni du marinisme de Tali, c’est sans doute qu’il n’en avait pas connaissance. Mais surtout, ainsi que j’ai eu l’honneur de le lui faire remarquer, sa plaidoirie, nous avions tous l’impression de l’avoir déjà entendue dix mille fois. J’aurais pu l’écrire les yeux fermés en sifflotant. On jurerait une plaidoirie-type, écrite dans ses grandes lignes depuis un demi-siècle et plus, et dont ce paresseux sûr de lui se contenterait de cocher ou de laisser vacantes (mais surtout de cocher, car nous avons eu droit à toutes les parties obligées sans en sauter pas une) certaines cases, pour savoir exactement quels morceaux tout préparés il va égrener mécaniquement les uns à la suite des autres. lire la suite

Communiqué du NON et du parti de l’In-nocence du 7 février 2014 : sur le procès intenté à Renaud Camus

Le parti de l’In-nocence, associé au mouvement du NON (au Changement de Peuple et de Civilisation), signale que leur président commun, l’écrivain Renaud Camus, poursuivi sur plainte du MRAP, sera jugé devant la XVIIe Chambre du palais de Justice de Paris le vendredi 21 février 2014 à 13 h 30. Il est accusé d’“incitation à la haine raciale” pour avoir soutenu, dans un discours intitulé “La nocence, instrument du Grand Remplacement”, prononcé le 18 décembre 2010 aux Assises sur l’islamisation de nos pays, qu‘il était absurde d’envisager la masse des dites “incivilités”, la délinquance en général et la violence sous la plupart de leurs formes actuelles, comme une simple accumulation de faits divers, relevant de la répression pénale et policière ; mais qu’il fallait les considérer, d’un point de vue politique et historique, comme l’expression même du changement de peuple et de civilisation, le moyen de la conquête territoriale en cours.

L’avocat de Renaud Camus est Me Karim Ouchikh. Les témoins cités pour sa défense sont MM. Alain Finkielkraut, Robert Redeker et Farid Tali. Le vidéogramme du discours du 18 décembre 2010 peut-être vu ci-dessous :

Allocution de Renaud Camus pour le “Jour de colère”, 26 janvier 2014 (non prononcée)

Mes Chers Concitoyens,

toutes les colères qui sont représentées ici sont importantes, même si quelques-unes le sont plus que d’autres, plus dramatiques, plus urgentes, et même si certaines, forcément, sont étrangères à certains d’entre nous, ou même radicalement contraires à leurs propres convictions. Personne ne saurait les assumer toutes et on ne nous le demande pas.

Pour ma part je suis venu vous parler d’un sentiment pour lequel le mot de colère est un peu faible. C’est le désespoir, c’est la fureur contenue, c’est finalement le grand refus, le grand NON, d’un peuple et d’une civilisation en proie au Grand Remplacement, à la substitution ethnique et culturelle. Le changement de peuple et le changement de civilisation sont une seule et même chose malgré ce qu’on nous dit, l’un implique nécessairement l’autre, parce que les hommes ni les femmes ni les peuples ne sont des pions qu’on peut changer impunément, remplacer, en prétendant continuer la même histoire, constituer encore la même nation. Les hommes ni les peuples ne sont remplaçables et c’est la conception la plus basse et la plus intéressée de l’humanité qui prétend qu’ils le sont, ou qui agit comme s’ils l’étaient. C’est à cette conception sinistre et dégradante que nous sommes venus dire NON, au nom de notre propre peuple mais au nom aussi de tous les peuples d’Europe qui sont soumis comme le nôtre à la même opération désespérante, le Grand Remplacement, avec son cortège inévitable de violences et de dégradation de tout, des paysages, de l’aspect des villes, des rapports humains, de la vie de l’esprit, du fonctionnement de l’État, des libertés.

Puisse cette journée signifier à la face du continent le début d’un grand refus, d’un grand reflux.

Communiqué du NON du 20 janvier 2014 : à propos du “Jour de colère”

Le NON (au Changement de Peuple & de Civilisation) fait partie des organisations qui ont appelé d’emblée, il y a de cela plusieurs semaines, à la manifestation du 26 janvier prochain, “Jour de Colère”. Depuis lors, et encore tout récemment, se sont agrégés aux groupes primitifs et aux motifs de colère originaux des groupes et des motifs nouveaux, parfois si éloignés des premiers et, à l’occasion, tellement contradictoires avec eux, même, qu’on peut se demander s’il n’y a pas là l’effet de manipulations diverses, elles-mêmes contradictoires. Le pouvoir, quoi qu’il en soit, ne peut que se réjouir d’une confusion qui permettra aux médias tous les amalgames, toutes les condamnations pour simple délit de voisinage — ce voisinage fût-il totalement involontaire, profondément déploré et aussi limité que possible.

Forte est la tentation, dès lors, de renoncer, de se retirer. Mais ce serait faire exactement ce que le NON existe pour ne pas faire : céder devant l’invasion, abandonner le terrain, se résigner à compter pour rien. Nous ne nous mettrons jamais en marche si nous attendons indéfiniment la manifestation parfaite, idéale, pure de tout élément parasite ou fâcheux. Le NON maintient donc sa participation à “Jour de Colère”, malgré les conditions nouvelles, qu’il regrette et qui lui sont totalement étrangères. Il marchera sous ses propres banderoles pour signifier un refus bien plus fondamental que toutes les colères ponctuelles, et qui les transcende : celui de disparaître et d’être remplacés sur leur propre territoire, pour un peuple et pour une civilisation.

→ Consulter le tract du NON diffusé le jour de la manifestation.

Extraits du journal de Renaud Camus, janvier 2014

Mercredi 15 janvier 2014, minuit et demi. […] Autre rupture, plus sérieuse : celle qui semble s’apprêter avec les autres organisateurs de la journée du 26 janvier, “Jour de colère”. Des représentants de l’In-nocence et du Non ont assisté à ma place, cette après-midi, à une réunion préparatoire dans un café parisien. Et l’un et l’autre en sont revenus avec la conviction très arrêtée que non, décidément, ni l’une ni l’autre organisation ne pouvait participer à la marche prévue dans la mesure où Dieudonné et les siens y étaient étroitement associés : les services de sécurité des deux bords ont même eu une réunion de travail commune, afin de se répartir les tâches ! Mes ambassadeurs eussent peut-être admis, à la rigueur, qu’on supportât (au sens français, bien entendu…) Dieudonné si lui et ses troupes s’étaient joints à nous et aux nôtres de force, en quelque sorte, sans qu’on puisse les en empêcher malgré de claires déclarations selon lesquelles on ne voulait pas d’eux ; mais ils recommandent véhémentement l’abstention dans la mesure où nos alliés paraissent à présent s’accommoder courtoisement et expressément de cette présence parallèle, qui nous hérisse. Le retrait est donc le parti vers lequel nous nous dirigeons, bien que j’aie déjà retenu ma chambre à Paris pour le 26 et commandé des banderoles supplémentaires au nom du NON.

La guerre sur ce point fait rage jusque sur les forums de “Boulevard Voltaire”. Christine Tasin, qui est encore plus ulcérée que nous, s’il est possible, à l’idée de frayer avec Dieudonné, avait publié hier un article expliquant qu’il n’était pas question pour elle et pour “Résistance républicaine” de participer à une manifestation où il serait présent. Elle a soulevé parmi les lecteurs un tollé presque unanime et s’est fait traiter de diviseuse et de traîtresse. J’ai approuvé son texte, et dis que j’y souscrivais entièrement. lire la suite

Samedi 18 janvier 2014. Les échanges et les palinodies vont bon train autour de la question de notre participation, ou non, à la manifestation du 26 janvier, “Jour de Colère”. Avant-hier le sentiment dominant parmi in-nocents et nonistes, mais surtout in-nocents, penchait nettement pour l’abstention. À présent le balancier est reparti non moins nettement en sens inverse. Les arguments avancés jeudi soir par Béatrice Bourges ont porté : après tout il s’agit de notre manifestation, c’est nous qui l’avons lancée, nous les participants de la réunion fondatrice le 21 novembre dernier, aux Champs-Élysées, à l’initiative de Georges Clément, du Comité Lépante. Que Dieudonné s’y agrège, nous ne pouvons pas l’empêcher. Mais y renoncer parce qu’il y vient, ce serait capituler, évacuer le territoire, baisser les bras devant l’invasion : précisément ce que nous nous refusons à faire à l’échelle de la nation et du continent.

Une proposition qui nous a retenus et même séduits quarante-huit heures était celle de Fanny Seguin, “Cassandre”, qui recommandait, pour lever toute ambiguïté qui pourrait sourdre de notre battage de pavé involontairement partagé avec Dieudonné (et peut-être avec Soral, mais Soral fait relativement peu parler de lui, ces jours-ci), de défiler sous une banderole où se lût, sous notre traditionnel NON au Changement de Peuple et de Civilisation, en lettres de même dimension, NON à l’antisémitisme. lire la suite

Discours de Renaud Camus du 8 décembre 2013

Ci-dessous, le discours prononcé par Renaud Camus le 8 décembre 2013, à Paris, à l’occasion de la manifestation organisée par Résistance Républicaine pour la défense de la laïcité, contre l’islamisation, pour la défense de Noël et de nos jours fériés chrétiens et contre le Grand remplacement.

Mes Chers Amis, Mes Chers Compatriotes,

Quand on me demande de quoi je veux parler exactement lorsque j’utilise l’expression de Grand Remplacement, ou celle de changement de peuple et de civilisation, je me demande toujours, moi, si la question est un piège (elle l’est assez souvent) ou bien si celui qui la pose est aveugle et sourd. Je ne vois pas d’autre possibilité. Le Grand Remplacement, en effet, ce n’est pas un concept, c’est la réalité de tous les jours. Sur un territoire il y avait un peuple, formé par des siècles d’histoire commune ; et en l’espace d’une génération à peine il y en a un ou plusieurs autres. Il suffit pour s’en convaincre de descendre dans la rue, dans le métro, dans les cours d’école, dans la vie réelle. Il suffit d’ouvrir les yeux. Il suffit d’en croire ses yeux, surtout, d’oser voir ce que l’on voit, d’oser penser ce que l’on pense, d’oser nommer ce que l’on ressent, ce que l’on vit, ce que l’on souffre. Croyez en vos yeux, voilà mon message. Ne vous en remettez pas aux journalistes, aux hommes politiques, encore moins aux sociologues et à leurs prétendues statistiques pour vous dire ce qui survient. Ils vous ont menti depuis quarante ans. Ils vous ont menti sur l’École où « le niveau montait », d’après eux, et qui n’est plus que ruines. Ils vous ont menti sur la délinquance, qui allait diminuant et qui d’ailleurs n’avait rien à voir avec l’immigration. Ils vous mentent encore sur le changement de peuple. Et si par miracle ils arrêtaient de vous mentir, ce serait pour vous dire :

« Oui, c’est vrai, vous avez raison, mais maintenant il est trop tard ».

Eh bien non, il n’est pas trop tard. La deuxième moitié du XXe siècle a vu des dizaines de peuples se soulever contre ceux qui les avaient conquis et qui les opprimaient, recouvrer leur liberté, leur dignité et leur indépendance. Voyez, il n’est bruit ces jours-ci, à l’occasion de sa mort, que de Nelson Mandela, le dernier des champions de la lutte anticolonialiste. Il a libéré les siens d’une minorité coloniale installée dans le pays depuis plusieurs siècles, oppressante certes, fatale à la liberté et à l’égalité, mais qui par son travail, son esprit d’entreprise, avait apporté au pays une prospérité et des structures étatiques sans commune mesure avec ce qui avait cours ailleurs sur le continent africain, et dont les vestiges, chaque jour plus éprouvés, lui sont encore bien utiles.

Nous n’avons pas affaire à si forte partie, nous. Nos colonisateurs à nous ne colonisent rien du tout, si coloniser c’est mettre en valeur. Nous ne leur devons pas la prospérité globale de la nation : au contraire, ils sont largement responsables de sa déréliction, et du désordre accablant de ses comptes publics. Ils ne maintiennent pas l’ordre en s’appuyant sur une sévère police : c’est parmi eux que se recrutent au contraire la plupart des fauteurs de désordre, des petits fraudeurs de la vie quotidienne, qui pensent que payer le métro et contribuer à son entretien c’est bon pour les seuls indigènes, ou pour les chiens, les sous-chiens, jusqu’aux grands responsables de l’insécurité. Pourquoi tremblerions-nous ? Notre adversaire n’est pas plus redoutable que ne l’était celui de Mandela et de tous les autres héros du combat anticolonialiste, dont nous devons nous inspirer car c’est notre tour de protéger notre peuple de l’occupation étrangère.

Certes il est nombreux, cet adversaire, et même de plus en plus nombreux avec chaque année qui passe et ses contingents infinis de nouveaux arrivants, d’une part, ses naissances innombrables d’autre part, qui font dire aux démographes aveugles, ou traitres, ou les deux, inconscients, que la démographie en France se porte à merveille alors qu’elle ne fait qu’accentuer jour après jour le changement de peuple, et donc, nécessairement, de civilisation : car c’est une conception bien basse de l’homme, et bien basse des peuples, que de considérer qu’avec d’autres hommes, d’autres femmes, d’autres peuples, nourris d’autres cultures, d’autres religions, d’autres langues, on pourrait continuer d’avoir la même histoire, d’être la même nation, jouissant de la même civilisation. La France peut intégrer des individus, elle l’a toujours fait. Elle ne peut pas, en restant elle-même, intégrer des peuples.

L’Algérie tout juste décolonisée a estimé que dix pour cent de la population de son territoire qui n’appartiendrait pas à son peuple, ce n’était pas compatible avec sa liberté et son indépendance. Le monde entier a très bien compris cela, à l’époque. Il en a jugé comme la nouvelle nation. La position de l’Algérie semblait évidente et légitime à la terre entière. Et ce million d’Européens et de juifs jugés inassimilables, ils ont été jetés à la mer en quelques semaines. Et personne dans le monde n’a été choqué par la brutalité inouïe avec laquelle a été menée cette opération. Souvenez-vous : la valise ou le cercueil.

Le ciel m’est témoin que je ne recommande rien de pareil. Je suis le président d’un parti qui porte la non-violence dans son nom même, l’in-nocence, la non-nocence, la non-nuisance, la volonté de ne pas nuire. La violence, la nocence, elles ne sont pas de notre côté. L’antiracisme au pouvoir, qui est l’autre nom du parti remplaciste, celui des partisans et des artisans du changement de peuple, nous charge de tous les péchés de la terre ; et pourtant nous n’attaquons personne, nous, nous ne brûlons pas de voitures, nous n’arrachons pas leur sac aux vieilles dames, nous ne régnons pas sur le trafic de drogue, nous n’avons pas fait de Marseille la capitale de l’hyperviolence, nous ne lapidons pas les pompiers et les médecins, nous ne faisons pas régner la peur dans les métros et les trains de nuit, nous n’avons jusqu’à présent forcé personne à changer de ville et de vie.

La règle non écrite des remplacistes, les champions du Grand Remplacement, ce n’est pas seulement leur éternel et caricatural deux poids deux mesures, qu’ils appliquent systématiquement à toutes les situations ; c’est aussi le monde à l’envers, où les offensés deviennent les offenseurs, les agressés des agresseurs, les humiliés, volés, attaqués, exploités, importunés de toutes les façons possibles, des racistes et des xénophobes. Eh bien remettons-le à l’endroit, ce monde renversé par nos remplaçants et par leurs amis remplacistes, qui d’ailleurs seront bientôt remplacés à leur tour, quand ils auront fini de jouer leur rôle historique d’instruments du désastre, et que les conquérants n’auront plus besoin d’eux. C’est d’ailleurs ce qui s’observe dans toutes les grandes villes d’Europe, qui tombent les unes après les autres et où se révèlent chaque jour plus ouvertement les partis confessionnels et communautaristes, débarrassés de leurs mentors socialistes ou remplacistes (c’est souvent la même chose).

Ce n’est pas la première fois que le peuple français doit se battre pour son indépendance et sa liberté, pour refuser la conquête dont il fait l’objet. J’appelle de toute mon énergie à la constitution d’une force qui dise non au changement de peuple et de civilisation. J’ai lancé une pétition en ce sens, j’ai fondé un mouvement pour la soutenir, le NON, le NCPC, le Non au changement de peuple et de civilisation. Certes il existe déjà le Front national et le Rassemblement Bleu Marine. Nous ne ferons jamais rien pour les gêner et nous les soutiendrons toujours là où nous ne pourrons pas nous-mêmes être présents. Mais le refus de l’asservissement de la patrie, et d’ailleurs du continent tout entier, ne peut pas être le fait d’un seul parti, qui d’ailleurs paraît avoir, quelquefois, d’autres chats à fouetter. Il aura toujours besoin d’un allié. Nous nous proposons d’être celui-là, avec tous ceux qui sont ici et bien d’autres, avec Christine Tasin et Résistance républicaine, avec Riposte laïque et Pierre Cassen, avec tous ceux qui ne veulent pas du changement de peuple et de civilisation: tous ceux qui refusent qu’une grande culture disparaisse si bêtement, qu’une grande histoire se finisse si salement.

Entretien paru sur le site “Boulevard Voltaire” le 10 septembre 2013

— Vous avez réuni, le week-end dernier, les opposants au Grand Remplacement, au changement de peuple. Un bilan plutôt mitigé, non ?

Renaud Camus : Oui, au moins de mon point de vue. Cependant il en est sorti quelque chose, que je respecte et à quoi je reste fidèle, mais que je trouve très insuffisant et dont je n’ai pas trop le droit de parler, car beaucoup des participants tiennent au secret, au silence, à l’anonymat. Je pense au contraire que le silence nous tue, que c’est la nation qu’on assassine en silence, qu’il est plus que temps de nommer les choses, et d’abord de se nommer soi-même, d’avoir le courage d’assumer son refus de l’horreur qui survient, la sale mort de la patrie, le changement de peuple et de civilisation, dans la violence petite ou grande, l’effondrement de l’autorité de l’État. Tout se passe à l’échelle nationale, à propos de la France, comme lorsqu’une femme est agressée par la racaille dans le R.E.R. : ou bien nous restons tous dans notre coin et nous laissons faire (c’est la situation actuelle), ou bien nous agissons tous ensemble et nous empêchons in extremis l’irréparable.

— Au fond, il y a un parti pour cela : le Front national. Pourquoi ne pas le rallier ?

Beaucoup de Français, à tort ou à raison, ne rallieront jamais le Front national, soit par délicatesse idéologique, comme jadis, soit par désaccord fondamental avec son programme économique. D’autre part il semble avoir d’autres chats à fouetter que le changement de peuple, dernièrement. Il ne s’agit pas de lui enlever quoi que ce soit, mais au contraire de lui ajouter, au bénéfice de la patrie, ce qu’il ne pourrait pas atteindre. J’ai déjà appelé à voter pour Marine le Pen, je le ferai de nouveau si nécessaire. Elle me trouvera toujours loyal quant il s’agira de lutter côte à côte contre le Grand Remplacement.

— Finalement, que comptez-vous faire ?

Seul je ne peux rien faire du tout : je suis comme un retraité dans le R.E.R. et moins héroïque que celui de Marignane, Jacques Blondel. Mais je peux crier, hurler, pour que tous les passagers français de la rame France se précipitent ensemble, avec moi, afin d’empêcher la poursuite de cette monstruosité qui se perpètre sous nos yeux, la mise à sac idiote d’une grande civilisation.

— À propos de la réduction drastique des programmes d’histoire à l’école, Joris Karl, s’inspirant de vous, a parlé ces jours-ci sur Boulevard Voltaire d’un “Grand Effacement”. Partagez-vous son analyse ?

Bien sûr. J’ai vu cet excellent article et je partage totalement ses analyses. « Car le Grand Remplacement n’est possible qu’accompagné du Grand Effacement ». Le Grand Effacement me va très bien. C’est ce que j’ai appelé moi-même l’enseignement de l’oubli, l’industrie de l’hébétude, la Grande Déculturation. On en revient toujours à la formule que je rabâche exagérément, mais il y a de quoi : « Un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas mener sans révolte dans les poubelles de l’histoire ». Les poubelles nous y allons tout droit. Et nous sommes quelques-uns, Joris Karl, Robert Ménard, vous, moi, Alain Finkielkraut, Richard Millet, Jean Raspail bien sûr, Christine Tasin, Pierre Cassen, Robert Redeker, Ivon Rioufol, Éric Zemmour, Gérard Pince, Malika Sorel, René Marchand, Kader Hamiche, Richard Roudier, Christian Vanneste, Radio-Courtoisie, Marine Le Pen, les identitaires, les royalistes, les gaullistes restés patriotes, beaucoup d’autres, venus des bords les plus divers, à hurler : « Mais révoltez-vous, nom de Dieu ! Empêchez cette horreur ! Est-ce que vous ne sentez pas cette puanteur, déjà, ce mélange de mensonge permanent, de trahison, de peur, d’argent sale, de sales petits calculs, d’imbécillité organisée, de violence, de fanatisme, de haine de la France, de haine de soi ? N’attendez pas que le couvercle vous retombe dessus comme un niqab ! »

— Quasiment pas un jour sans une agression, un meurtre, des violences à Marseille. Les médias parlent d’une “descente aux enfers de la cité phocéenne”. Marseille, c’est la France de demain ?

Oui, c’est l’appartement-témoin. Marseille est à la France ce que fut Alger à la conquête de l’Algérie : la tête de pont, le lieu de débarquement des troupes fraîches, le centre d’entraînement des corps d’élite, le laboratoire central. C’est d’ailleurs une bonne occasion de comparer les deux conquêtes, les deux colonisations, la colonisation tout court et la bien nommée contre-colonisation, la colonisation contre : celle qui bâtit et celle qui détruit ; celle qui met de l’ordre fût-ce un peu rudement et celle qui instaure le chaos (encore plus rudement) ; celle qui soigne et celle qui sème la peur dans les hôpitaux ; celle qui éduque et celle qui achève de rendre toute éducation impossible : on n’en finirait pas, mais ce serait très instructif.

Extraits du journal de Renaud Camus, juillet-août 2013

Mercredi 24 juillet 2013, onze heures du matin. Ils m’agacent, tous, avec leur éternel :

« Oui, bien sûr, vous avez raison, mais qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Ils viennent me voir à la fin des conférences ou des débats, ils me serrent la main, ils me font dédicacer tel ou tel de mes livres, ils m’écrivent, ils me téléphonent, ils me likent sur Facebook ou Twitter, ils me disent et ils me répètent qu’ils pensent exactement comme moi, que j’ai bien raison de dire ce que je dis, que ça fait du bien à entendre, que le vrai problème, pour ainsi dire le seul — car au regard de celui-là tous les autres sont insignifiants : qu’est-ce qu’un petit rhume ou une entorse à la cheville quand on est atteint d’un cancer ? —, c’est celui du changement de peuple, du Grand Remplacement, de la conquête musulmane, oui, oui, oui, vous avez mille fois raison : mais qu’est-ce qu’on peut faire ? lire la suite

Vendredi 2 août 2013, onze heures moins le quart, le matin. J’ai pu avoir hier soir une longue conversation téléphonique avec Coûteaux, largement inspirée, au fond, par l’expérience actuelle de la publication de ce journal “en direct” dans “Boulevard Voltaire”, et des réactions qu’elle suscite, de toute façon instructives — dans bien des domaines, d’ailleurs, et pas seulement politiques au sens étroit.

Deux observations évidentes, d’un poids très inégal : persistance, au sein du public, de l’opposition au nom du parti de l’In-nocence, jugé incompréhensible et ridicule ; hypersensibilité, en revanche, au thème du changement de peuple, du Grand Remplacement — ceci n’étant que la confirmation de ce que j’ai pu constater chaque fois que j’ai mis le nez hors de chez moi et pris la parole en public, par exemple : parmi ce qui reste de Français une proportion considérable est horrifiée par la brutalité, le cynisme, l’agressive évidence du changement de peuple et de civilisation en cours, et c’est pour eux (comme pour moi, comme pour l’In-nocence) la préoccupation majeure, auprès de quoi toutes les autres sont secondaires. lire la suite

Samedi 3 août 2013, midi. L’entrée précédente de ce journal aura eu au moins le mérite de provoquer une discussion — sur “Boulevard Voltaire”, pour commencer, mais aussi, comme elle a été reprise ici et là, ne serait-ce que par moi sur Facebook et Twitter (dans L’IN-NOCENT, mon “magazine” en ligne), en divers coins et recoins de la blogosphère. La discussion porte principalement sur la question du nom (du parti à créer) — mais je ne le relève pas comme une limitation, car ce point est en effet capital.

Un thème récurrent est celui de la nécessité d’être pour et de ne pas être contre. On ose à peine aller contre ce vieux tabou mais j’estime très nécessaire de le faire, d’autant que ses origines sont surtout publicitaires, je crois bien, et procèdent avant tout du catéchisme des “communicants” — syntaxe, répertoire et petit livre rouge du faussel, dont ces messieurs (et dames) sont les principaux fabricants. L’intimation souvent agressive de devoir être pour me semble une vieille exigence polémique déchue au rang de platitude médiatique mais encore revêtue, hélas, d’une certaine efficacité, qu’il convient de combattre.

En effet, pourquoi diable faudrait-il toujours être pour ? lire la suite

Mardi 6 août 2013, midi. L’affaire de la “confédération du non” (au Grand Remplacement) cause surtout des remous, jusqu’à présent. On nous accuse, l’In-nocence et moi, de tirer la couverture à nous, d’engager les autres avant qu’ils aient donné leur accord formel, de ne pas suivre les protocoles politiques coutumiers. Mais j’ai bien pris soin, au contraire, de n’engager personne, justement, et, comme disait l’autre, « pourquoi voulez-vous qu’à soixante-sept ans je commence une carrière de dictateur ? » — même à la petite échelle de la dite “réacosphère”. lire la suite

Discours de Notre-Dame du 31 mai 2013

Mes Chers Concitoyens et Vous, les Amis, les Admirateurs et les Lecteurs de Dominique Venner, qui êtes aujourd’hui, comme nous, comme moi, en deuil, et dans le chagrin,

Tout est signe, et doit faire signe.

Nous sommes réunis ici au pied de la statue de Charlemagne, qu’on a appelé, ainsi que d’autres, le Père de l’Europe et dont on apprenait aux enfants, quand j’étais enfant, qu’il accordait la plus grande importance à l’enseignement, à l’École, et qu’il protégeait les arts et les lettres.

Il était aussi le petit-fils de Charles Martel, autre fondateur de l’Europe telle que nous la connaissons, puisque sa victoire de Poitiers a mis fin à la progression d’un changement de peuple moins massif, certes, mais tout aussi radical et encore plus violent que celui que nous éprouvons.

Surtout, nous sommes réunis devant cette cathédrale où un homme, un écrivain, un historien — c’est très important —, un grand intellectuel, a choisi de mettre fin à ses jours, il y a une dizaine de jours.

Je sais que beaucoup, parmi nos amis catholiques, ont été choqués, et je les comprends, par ce geste qui va contre leur foi en la vie et qui, de par le lieu choisi, leur semble sacrilège.

Mais je crois qu’ils se tromperaient gravement en y voyant une volonté d’offense à leur religion, qui est celle aussi de la plupart d’entre nous.

Je crois, et les différentes lettres que Dominique Venner a laissées derrière lui le confirment, qu’il faut l’interpréter au contraire comme un hommage, un hommage à la place immense que tiennent l’Église et la foi, le christianisme, dans notre culture et notre civilisation menacées.

Hommage à l’art et à la beauté, aussi, à la culture et l’architecture.

Certes a joué ceci, pour ce païen proclamé, que cette cathédrale comme tant d’autres est bâtie sur l’emplacement d’un temple païen.

Mais plus encore que partent d’elle, de cette place, de l’emplacement où nous nous trouvons, toutes les routes de France.

Tout prouve que cette immolation, ce sacrifice de soi, ont été voulus, comme ceux de Jan Palach ou des bonzes tibétains qui protestent eux aussi contre la substitution ethnique qui ravage leur pays et le leur ravit, comme un signe, un cri, un appel, un acte fondateur, et en ce sens profondément positif, malgré son aspect tragique, ou à cause de lui, grâce à lui.

C’est pourquoi il ne nous a pas semblé que des funérailles strictement privées, si profondément respectable que soit la douleur de la famille, et une réunion de proches et de bons connaisseurs de l’homme et de l’œuvre, dans une salle fermée, soient tout à fait suffisants pour signifier sous le ciel, fût-il peu favorable, que ce cri d’avertissement et d’horreur, que cette incitation tragique à dire non, avaient été entendus et compris; et que désormais, pour reprendre une expression chère à certains de nos amis, « on ne recule plus ».

Dominique Venner m’a fait l’honneur de me nommer, dans ses écrits testamentaires ; et surtout il a désigné le Grand Remplacement, le changement de peuple et le changement de civilisation qu’il implique nécessairement, comme la  raison principale de son geste, à la fois, et comme la plus grave, de très loin, des menaces qui pèsent sur nous et sur notre histoire.

Il ne s’agit d’ailleurs plus d’une menace, mais d’une réalité de tous les jours.

D’une réalité qui perce quotidiennement la chape de mensonge, ce règne du faux — ce que j’ai appelé le faussel, ce double inversé du réel — que nous imposent presque unanimement la radio, la télévision,  les discours des hommes et des femmes politiques, avec leur chapelet de jeunes, de quartiers sensibles, de milieux populaires, de victimes de l’abandon, un abandon qui nous ruine et nous met à genoux.

Le faussel, ce règne du faux, est percé, troué, déchiré, tous les jours un peu davantage par le crime, par la violence, par la guerre ethnique en Suède, par la guerre ethnique en France, par l’assassinat d’un soldat à Woolwich, par l’agression meurtrière contre un soldat à La Défense, par l’engagement de plus en plus fréquent de supposés “Français” dans le terrorisme anti-Français et anti-occidental, par le suicide d’un historien au pied de l’autel majeur de Notre Dame.

Tout à coup la réalité pousse son cri, et elle déchire le voile. Et même la télévision, la radio et les journaux sont parfois obligés de ne plus faire semblant de ne pas l’entendre.

Mais le faussel résiste, il continue d’imposer sa fiction malgré les déchirures et les trous vite colmatés que lui inflige, dans sa brutalité croissante, le réel sous-jacent.

Cette fiction, ce mensonge central qui commande tous les autres, c’est qu’en changeant de peuple on peut avoir encore la même histoire, la même culture, la même civilisation, le même pays, la même nation éternelle, la même France, la même Europe, la même identité.

Qu’en changeant la lame, puis le manche, on peut avoir encore le même couteau.

Au demeurant il n’est pas de conception plus basse et plus indigne de l’homme que celle qui le voudrait et qui tâche de le produire désoriginé, déculturé, décivilisé, dénationalisé, désafilié, fils de personne : un pion, en somme, un robot lisse, échangeable à merci, délocalisable à volonté.

C’est ce que j’ai appelé l’homme remplaçable, l’homme du Grand Remplacement.

Le changement de peuple, il est voulu par les gouvernements de gauche parce qu’ils en espèrent, grâce aux voix des nouveaux venus, des remplaçants, qu’il s’agit de faire voter au plus vite, la pérennité de leur pouvoir — semblant ne pas se douter, ces gouvernements et ces hommes, qu’ils seront emportés eux aussi par cette force qu’ils flattent et qu’ils gonflent et qui les dévorera comme les autres dès qu’elle pourra se passer d’eux.

Terra Nova, le notoire “think tank” conseiller du parti socialiste, n’a fait au fond que prendre au sérieux la fameuse boutade de Brecht :

« Si le gouvernement n’est pas content du peuple, il n’a qu’à en changer ».

C’est exactement ce que fait le gouvernement socialiste : il change de peuple.

Quand il nous annonce : « le changement, c’est maintenant », il faut comprendre évidemment : le changement de peuple, c’est maintenant.

Mais le changement de peuple est voulu tout autant par les intérêts de droite, c’est-à-dire par les intérêts tout court, qui sont assez malins pour être à gauche autant qu’à droite, ça ne les concerne plus, mais qui ont le plus grand besoin de l’homme remplaçable.

Et comment les média ne le désireraient-ils pas eux aussi, ce changement de peuple, ce Grand Remplacement, eux qui sont les maîtres et les valets, alternativement, la servante-maîtresse, les serviteurs tout puissants, des conglomérats et des partis ?

C’est ainsi que le Grand Remplacement, haï par les hommes et les femmes qui le subissent mais profondément désiré par les pouvoirs et les intérêts qui l’imposent, a pu paraître à ce point irrépressible qu’un homme comme Dominique Venner, un penseur mais aussi un soldat, a voulu mourir par horreur de lui, mais aussi par esprit de sacrifice, pour nous alerter, nous réveiller, nous tirer de l’hébétude avant qu’il ne soit tout à fait trop tard.

Tandis que je vous parle le corps est réduit en cendres de l’homme qui est mort il y a dix jours dans cette cathédrale, dans ce monument admirable de notre culture, de la foi de nos pères et souvent de la nôtre, pour nous inciter à en croire nos yeux.

Il a péché contre le Christ, c’est vrai, mais péché comme saint Thomas, en sectateur du regard  ; non pas en demandant à voir, lui, mais en nous intimant de faire confiance à nos prunelles, à notre expérience de la rue et de l’image, à notre chagrin ; et cela contre le faussel, le réel inversé, le règne du faux : celui du novlangue, du novpeuple et du novpays.

Cette mort de sang nous est témoin parmi d’autres, cet historien suicidé nous est témoin comme le soldat assassiné de Woolwich ou le soldat étranglé de La Défense :  le réel, celui qui fait mal, celui qui tue, c’est le Grand Remplacement, le changement de peuple.

Et comme nous en avertissait Houari Boumedienne il y a quarante ans, les remplaçants ne viennent pas en amis. Ils peuvent être très amicaux individuellement, en tant que peuple ou que peuples, culture et civilisation, religion, religion bien plus vivante que les nôtres, ils sont nécessairement et naturellement conquérants.

Les remplacistes, eux, les promoteurs et les agents du Grand Remplacement, se croient les habiles protecteurs de nos remplaçants innombrables : ils seront bientôt leurs protégés, leurs obligés, leurs convertis, leurs dhimmis, leurs valets.

Pour notre part, nous n’avons d’autre issue que de nous rendre irremplaçables : par la force et par la pensée, par la force de la pensée, par la culture, par le vote, par la loi, par l’action politique, par la défense du territoire, par le refus de reculer encore et d’en supporter davantage.

Cette mort de Dominique Venner, nous lui devons d’en faire un point de non-retour.

Qu’elle nous aide à nommer ce qui survient, pour commencer — à nommer vraiment : conquête, contre-colonisation, lutte pour le territoire, choc des civilisations, guerre de religion, changement de peuple.

Puis à nous unir, malgré nos divisions, pour empêcher ce qui survient de survenir plus longtemps.

Le sens de l’histoire est comme tous les sens, stratifié par l’alternance en couches du oui et du non, et il se renverse sur place en creusant en lui-même, bien plus volontiers qu’on ne l’a dit.

Qu’est-ce que la contre-colonisation, sinon un renversement de la colonisation, très inattendu il y a trois quarts de siècle ?

Eh bien il faut renverser ce renversement, ne serait-ce que pour arrêter au milieu, un moment, le balancier désaxé de l’histoire.

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